Que devient Luebo-sur-Ourthe ?

Les liens restent étroits, presque quotidiens, entre la vallée de l’Ourthe et celle de la Lulua. Les anciennes équipes d’apiculture trouvent leur autonomie tandis que sept nouveaux « ruchers-école » ont vu le jour en octobre 2021. Ils ouvrent les portes aux nouveaux apprenants, en particulier les jeunes et les femmes. Douze équipes d’agriculture continuent de se rencontrer et orientent peu à peu leurs demandes d’aide vers des outils plus spécifiques, qui peuvent apporter une plus value à leur production. La bibliothèque et la promotion de l’Artemisia pour lutter contre le paludisme restent aussi des projets bien présents et actifs à Luebo.

Mais ce qui a particulièrement marqué ces deux dernières années, ce sont les jeunes qui, spontanément, se sont engagés à visiter les prisonniers pour leur apporter de la nourriture. Il y a deux équipes, dont une constituée des futurs séminaristes qui ont été touchés lors d’une visite à la prison pendant le carême. Ces jeunes sont fidèles : chaque mercredi et chaque samedi, ils achètent au marché de la farine de manioc et de maïs, de l’huile et du sel, quelques légumes. A la prison, ils sont mieux accueillis qu’au début par les gardiens. Les prisonniers sont reconnaissants, certains ont même rejoint les visiteurs après leur sortie de prison : « vous m’avez sauvé la vie, je veux aider à mon tour ».

Mais la situation les révolte, et les photos qu’ils envoient chaque semaine ne nous laissent pas le coeur en paix. Depuis 5 ans, le mur d’enceinte de la prison est endommagé, il ne permet plus de garder les prisonniers de manière sûre. Alors les hommes sont enfermés dans un local de 7,5 m x 4 m. Nuit et jour, ils sont parfois jusque 60 entassés dans ce cachot sans fenêtre et dont le toit perce, avec pour tout mobilier un vieux bidon pour faire leurs besoins. Seuls ceux qui sont devenus trop maigres ou malades gisent dans la cour, trop faibles pour s’évader. Régulièrement, des mineurs sont plongés dans cet enfer ; cet été , un enfant de 11 ans arrêté pour vol y a vécu six semaines.

Nous avons contacté toutes les autorités possibles au niveau national, provincial et local. Les jeunes ont témoigné, rassemblé les photos les plus parlantes. Aucune réponse concrète ne nous est parvenue, si ce n’est l’autorisation de reconstruire nous-mêmes le mur d’enceinte. Construire un mur de prison ! C’est un projet bien étrange pour une association humanitaire. Disons plutôt permettre à ces hommes qui sont nos frères de respirer une bouffée d’air, et de voir la lumière du soleil.

« C’est à Moi que vous le faites ».

Les jeunes visiteurs sont déterminés, ils ont déjà commencé à déterrer et nettoyer des briques de récupération, ils font cela chaque vendredi depuis 3 semaines. Une équipe de maçons a remis son devis, le vendeur de ciment fournira les sacs petit à petit. C’est cela aussi qui nous motive à avancer : l’étincelle est venue de Luebo, le projet est porté ensemble dans l’amitié, la transparence et les encouragements mutuels.

Le coût de ce projet est évalué à 7000 euros. Nous avons fait une demande de « Compte projet » auprès de la Fondation Roi Baudouin pour que les donateurs obtiennent une attestation fiscale, la réponse ne nous est pas encore parvenue. En attendant, vous pouvez nous aider en vous inscrivant au repas du 13 novembre et/ou par un don sur le compte Triodos de Luebo-sur-Ourthe BE92 5230 8040 7823. Tuasakidila ! Merci !