La force des mots

La force des mots réside dans le silence, sauf quand la parole brise les barrières
Quand nous étions happés par des cris des hommes dans l’indigence et la misère
La frénésie de carence, fracas de la vulnérabilité humaine nous rendaient solidaires
Après la saison de maïs, assis au bord de l’Ourthe, parmi les indigents en détresse

Nous avions à cœur, comme l’éclaboussement d’espérance, les attentes à combler
Les consciences sensibles ont entendu des échos de la douleur, des pauvres la clameur
A Brialmont nous avions reçu des pralines qui nous disaient des choses éternelles
Plus tard, dans les sentiers de terre, elles avaient fait les délices de Myriam et Isabelle

Dans les villages de Luebo, nous avions vu d’autres visages, par la chaleur accablés
La cause entendue, la voie ouverte, les énergies courageuses ont bousculé les croyances
La flamme ardente jaillie de la Parole avait convaincu la tiédeur de la peur contenue
Solidarité contagieuse, humanité merveilleuse, l’apologie des tiroirs fermés s’était tue

Valérie l’ingénieuse, et Diego le prophète, l’aimable Stéphanie et l’infatigable Freddy
Sur les coteaux de Luebo, avec Nicolas, ce qu’ils ont donné aux hommes est allé au Créateur
L’amour des mains pleines, les prisonniers ont vu nos larmes face à leur maigreur
Le point de basculement était proche, nos adhérents avaient suivi l’euphorie des non-dits

Nous avions semé l’amour malgré les arrêts sur image de nos erreurs, nos pitoyables faiblesses
Nos limites comblées dans des projets porteurs de sens, nos plans étaient remplis de tendresse
Ici, pour Marie Christine, Philippe, tous les bénévoles et sympathisants épris de générosité
Au milieu de l’absence, Luebo gardera en mémoire vos gestes empreints de sens d’humanité.

Papa Tom Tilff, le 16/05/2026